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Les Forêts Mentales, groupe Orchidée

Scène libre : Aventure

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RP posté le

La troupe s’est agrandie et avec elle, les tunnels menant plus en profondeur dans les entrailles de la terre. Des tunnels ornés d’une végétation d’autant plus dangereuse qu’elle se nourrit de l’emprise, comme le souligne la toge jaune. Une emprise qui semble la source de tous les maux de ce monde en ruine.

L’emprise qui a certainement servi à créer la potion ayant monstrueusement modifié les mutilés. L’emprise que craint Belgrade, et habituellement les suivants du Christ jaune. L’emprise qui transforme, et ronge, et dévore tout ici-bas, semblant cause de folie, d’horreurs innommables… Olga n’est guère rassurée, et c'est pourtant là l'ennemi qu'elle s'est choisie.

Si l’égrégore l’effleure, sentant bien la connexion entre toute chose comme tout le vivant, jusqu’aux pensées les plus intimes voyageant d’esprit en esprit comme un canevas exécuté à l’aiguille : la femme monstre aux deux pieds bots ne craint que le trop visible.

Elle craint Lasko qui se changera tôt ou tard lui aussi en une ignominie, n’en dit rien, évite d’y songer pour ne pas que la pensée se prolonge jusque dans les autres têtes, ni ne les inquiète.

Cela la gêne, ce manque d’intimité. Cela la dérange de ne pouvoir réfléchir, de ne pouvoir [rêver] toute seule sans que personne ne trifouille sa caboche, de [fantasmer des futurs possibles], d'[avoir un jardin secret]. Ce n’est pas quelque chose d’inné, mais peut-être que la Olga aussi se métamorphose encore en dedans.

Elle s’est même retenue d'envisager à quoi ressembleraient les enfants qu’ils auront, avec Vladek, quand tout cela sera fini. C’est qu’il ne faudrait pas que son joli cœur prenne peur, si pour la première fois depuis jamais, elle s’autorise enfin à [imaginer], à vouloir [créer une vie meilleure]. Pour elle, les autres... [Changer le monde ?]

[Créer le champ des possibles !]

Un souvenir surgit alors. Un souvenir que la boiteuse n’est pas certaine d’avoir vécu. Peut-être l’a-t-elle marchandé autrefois ? Olga est-elle seulement celle qu’elle prétend être ?

Une autre vieille, un autre lieu. Le visage parcheminé plein de bienveillance, et cette voix douce qui contait de drôles d’histoires sur le fait qu’il aurait fallu aimer la forêt, l’honorer, en prendre soin en évitant la guerre de l’or noir. Des histoires à dormir debout à propos de gens qui avaient découvert que les arbres étaient reliés comme des familles, et ressentaient des émotions. Les humains avaient oublié tout cela, pendant que d’autres s’acharnaient à vouloir devenir riches avec de l’huile de moteur qu’on trouvait quelque part dans le sol. La forêt avait probablement commencé à se venger lorsque les plus belliqueux s'étaient mis à faire pousser des trèfles nucléaires partout. La vieille avait dit avoir décrypté d’anciennes inscriptions sur de drôles de babioles qu’elle appelait [livres], qui étaient [remplis de feuilles] car dedans, il y avait tous les secrets du monde, même si apparemment il avait fallut tuer des arbres pour les fabriquer. Des secrets souvent perdus, lesdites babioles servant de combustible quand venait la saison froide.

Cela avait semblé tordu et tortueux à Olga. Tuer des arbres pour mettre les secrets de l'univers dedans quand il fallait aimer la forêt ? Illogique, même ! Elle n'en avait alors rien cru, mais avait gardé l'idée des livres pour ses broderies sans avoir à tuer qui ou quoi ce soit pour cela, quand bien même avait-elle pris deux vies pour d'autres raisons.

C’est au cœur de ses complexes pensées que la brodeuse lâche un soupir las , entendant une énième fois Lasko évoquer des armes, des flingues, de quoi toujours tuer plus, encore… Comme si telle était son obsession, comme si tel était le centre de son existence.

[Lasko, il ne doit plus avoir de cœur. Peut-être même qu’il est déjà tout vide à l’intérieur…]

Au cas où elle penserait trop fort, de revenir bien sagement reprendre la main de Vladek comme pour se protéger d’éventuelles représailles, tout en restant persuadée que le pire était à venir...

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