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Les Forêts Mentales, groupe Orchidée

Scène libre : Aventure

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RP posté le

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Musique : Killshot - By the throat


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Le véhicule entre dans le campement et la foule en liesse accueille Vladek. Les pleurs de bébé se sont éloignés, absentés, tus comme une nuée de voraces volatiles soudainement échappée de la volière.

Surprenante foule que craint la femme moins arachnéenne que leur monstrueux chef divinisé, malgré les fils qu’elle croise et entrecroise à volonté et à dessein lorsque l’instant le permet. Ne le permet plus.

Choix cornélien. Cornes de dieu tordu et lien distendu.

Plic ploc.

Elle tremble sur ses deux jambes aux pieds bots pas très beaux, la brodeuse qui croit tout pouvoir rapiécer avec un peu de bonne volonté ! Pupilles rétractées, elle dévisage Vuk Rustovic. Cela gratte et cela pique.

Au loin, le ciel gronde et les nuages presque immuables amassés en grappes incertaines se mettent à pisser sur la gueule des éclopés, et du reste du monde. Plus poétique, tu meurs.

Plic ploc.

Là. Cela suinte, dérange, démange, crisse, hurle. Un écho crasse à l’intérieur. Quelque part sans qu’elle ne sache trop où, la passive petite boiteuse bien trop silencieuse. Entre le palpitant et les tripes, peut-être bien.

« C’est qu’une balle. L’enlever,désinfecter, recoudre. C’est d’une femme-méd… »

Coupée dans l'élan. Une mue s’opère ou bien est-ce une soudaine crise de foi ?

Le cœur manque un battement, se serre, bat soudainement plus vite l’espace d’un instant.

Des mots de trop. Comment avait-elle pu oublier ? Elle sait maintenant le but originel. Grincerait presque des dents.

Plutôt mourir que de ne plus être humaine, se fondre dans la masse, devenir un mouton ! Pour peu que sa mémoire ne lui fasse pas trop défaut, elle n’a sans doute jamais aimé le conformisme, ou ne l'aime plus depuis cet instant hasardeux.

La mâchoire se crispe, le poing se referme tandis que mains et pinces la cherchent. Le malaise s’intensifie.

Des gestes de trop. Intrusifs. Contact froid et visqueux. Une intimité presque violée. Sans crier gare, cela a enclenché un détonateur.

«NE ME TOUCHEZ PAS !»

Jouer des coudes, du poing. Partir vite et bien sans se retourner.

Non. Vuk Rustovic ! Vuk Rustovic ! Vuk Rustovik… Comme seul objectif. Et l’humanité d’olga, cette brave et gentille fille sage jusque-là, se déchiquette en lambeaux épars, devient charpie

Vuk Rustovic n’est plus. Plus cette créature difforme. Autre chose l’a remplacé. L’ombre menaçante du tableau. Le cadavre pas du tout exquis dans le placard d’une vieille bicoque. Le vénéneux poison qui s’infiltre avec violence et fracas en tout orifice pour marquer son empreinte, sa cruelle emprise malgré l’oubli. Des résidus refont surface, occultant toute logique et raison.

L'énergie du désespoir. Profiter de la cohue, de l'effet de surprise... Ne sait pas, ne sait plus. Faire vite avant que les dernières maigres forces ne la quittent.

Profondément lui ouvrir la jugulaire sur toute la longueur avec l’aiguille bien plantée !

Démence et gerbe de sang.

Du sang partout. Du rouge ? Surtout du noir. Abstraits sillons biscornus sur des toiles de chair. Fractale diluvienne diluée.

Il faut anéantir cette figure paternelle traîtresse, et insoutenable comme cet autre ayant moisi au village, qui ne l’aurait jamais marié ou laissé partir ! Qu'elle a tué, peut-être. Qu’elle a fui, certainement. Puis, il y a eu l’accident.

Pourtant, Olga portait si bien le masque de la gentille fille au sourire de façade...

Si la claudicante brodeuse pouvait, elle danserait maintenant !

Tout cela n'est-il qu'un cauchemar ? Un rêve éveillé ? Ne sait pas, ne sait plus.

Dans sa tête, ne résonne désormais que la bamba et un unique mot, pour peu que ses pieds arrivent encore à la porter, qu'elle s'extirpe de la multitude, qu'elle...

Cela semble bien mal barré. Crescendo, son cri mental vient alors se répercuter.

[Fuyez ! Fuyez ! FUYEZ !]

Et malgré tout, de tendre une main en direction de Vladek. Peut-être en dernier espoir ou comme un adieu ? Intensément, elle le fixe. Les yeux fous oui, mais fous d’amour cette fois-ci.

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