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Les Forêts Mentales, groupe Orchidée

Scène libre : Aventure

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RP posté le


(Musique : Carpatian forest - Heilung)


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Le dernier parfum de l'Âge d'Or, qui les entraîne dans un pays où ni les hommes ni la nature ne seraient fous... Un parfum suranné de liberté et d’insouciance que la jeune fille respire jusqu’à l’ivresse, celle de la jeunesse quand on croit encore que le monde entier peut être à nos pieds. En dépit de ses pommettes rougissantes, elle s’émerveille devant ce trésor dont le nom lui échappe, mais semblant être alors de nature divine. Elle minaude et danse d’un pied sur l’autre. Tournoient, tournoient ses jupons patiemment brodés à l’aiguille, tandis qu’un rire s’extirpe de ses lèvres ! Les paroles sont sibyllines, l’air est gai, et le refrain s’entête à rester cloîtré dans l’oreille jusqu’à s’infiltrer dans les méandres labyrinthiques de son cerveau.

[Tu es le magicien des sons nostalgiques, Vladek le pouilleux !]

Les mots déjà prononcés autrefois reviennent, teintés de maladresse en s’étoilant à travers la radio, à travers l’esprit quand vient la transe hypnotique à laquelle elle s’accroche avec la pugnacité d’un ours enragé.

Subjuguée, Olga la brodeuse boiteuse n’a conscience de rien, pas même de son corps qui se meut en une danse erratique et grotesque. Encore moins de se mettre à courir enfin, presque libérée de ses chaînes cahin-caha et clopin-clopant, telle la bête immonde voûtée qu’elle est devenue. Bien moins gracieuse et rapide qu’un lynx, de s’enfoncer dans la forêt aux arbres difformes. Des arbres dont les troncs ne sont qu’ébauches de corps sans tête, esquisse d’une humanité statufiée en désuétude. Des arbres dont les feuillages ne sont qu’amas de membres épars sans logique, de yeux globuleux s’agitant en tous sens pour mieux lorgner à travers les brumes délétères ceux assez vivants pour finir dévorés et digérés par les grappes buissonneuses de bouches putrides.

Dans cette cage végétale hallucinatoire, Olga se raccroche au fil infime devant la mener au Spomenici des deux ailes. Elle avance, trébuche, rampe parfois à même la terre détrempée qui chuinte de sinistres litanies, en évitant autant que possible les pernicieuses fleurs de gloire et autres mines, se relevant à nouveau avec pour seules armes sa curiosité innée, le sentiment d'urgence, ainsi que cette brève réminiscence…

Mais qu'en dira le karma de tout cela ?

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